Notre impact carbone

Combien pèse une page Hurlovent ?

En bas de chaque page, un petit badge affiche quelque chose comme « 0,03 g de CO₂/vue ». C’est l’estimation des gaz à effet de serre émis pour vous montrer la page que vous êtes en train de lire : l’électricité des serveurs, du réseau et de votre appareil, plus une part de leur fabrication.

0,03 g, c’est beaucoup ? D’après l’outil Impact CO2 de l’ADEME, une voiture diesel moyenne émet 142 g de CO₂ par kilomètre. Il faudrait donc afficher notre page d’accueil près de 5 000 fois pour égaler un seul kilomètre en voiture. Et plus de 200 000 fois pour égaler un t-shirt en coton moyen (6,43 kg CO₂, de sa fabrication à sa fin de vie). Autrement dit : le site, c’est la cerise ; le gâteau, c’est le textile. On en reparle plus bas.

Comment est calculé ce chiffre ?

Pas de boule de cristal, juste de l’arithmétique en quatre étapes :

  1. Votre navigateur compte les octets. Pendant que la page se charge, puis au fur et à mesure que vous la faites défiler, il note la taille (compressée) de chaque fichier réellement téléchargé : la page, les styles, les polices, les scripts et les images.
  2. Les octets deviennent des kilowattheures. Nous appliquons le modèle Sustainable Web Design (version 4) : transférer 1 Go demande 0,3 kWh. Ce total compte l’électricité consommée par les centres de données, le réseau et votre appareil, ainsi qu’une part de leur fabrication. Ce modèle public est maintenu par Wholegrain Digital, Mightybytes, Footprint, EcoPing et la Green Web Foundation.
  3. Les kilowattheures deviennent du CO₂. Nous les multiplions par l’intensité carbone moyenne de l’électricité mondiale : 494 g de CO₂ par kWh, selon les données d’Ember.
  4. Nous retirons ce qui est vérifié. Notre hébergeur figure dans l’annuaire de la Green Web Foundation (vérifiez par vous-même) : comme le prévoit le modèle, l’électricité consommée par les centres de données n’est pas comptée. Leur fabrication, si.

Le calcul se fait entièrement dans votre navigateur, sans rien envoyer à personne.

Pourquoi pas l’électricité française ?

Elle est bien moins carbonée : environ 44 g de CO₂ par kWh selon Ember, soit 11 fois moins que la moyenne mondiale. Avec elle, notre badge afficherait environ 0,003 g. Tentant ! Mais les outils de mesure utilisent la moyenne mondiale et l’échelle de notes ci-dessous aussi : pour pouvoir comparer, nous faisons pareil. Et puis nos visiteurs ne sont pas tous branchés sur le réseau français (bonjour la Belgique, la Suisse et le Québec !).

« Sans cache » ou « avec cache » ?

Lors de votre première visite, tout est téléchargé : c’est le chiffre « sans cache ». Ensuite, votre navigateur garde de côté les fichiers déjà reçus (les styles, les polices, les images…) et ne les télécharge plus : la page suivante coûte beaucoup moins et le badge indique combien de kilo-octets ont été lus « en cache ». Quand presque tout vient du cache, il affiche « < 0,01 g ». Ce n’est pas zéro, mais ça s’en approche.

Et la note A+ ?

Elle suit l’échelle de notation du modèle Sustainable Web Design, par page vue :

Note Jusqu’à
A+ 0,040 g
A 0,079 g
B 0,145 g
C 0,209 g
D 0,278 g
E 0,359 g
F au-delà

Pourquoi pas le même chiffre que Website Carbon ?

En cliquant sur le badge, vous pouvez comparer avec Website Carbon, le calculateur le plus connu, qui utilise le même modèle. Vous y verrez souvent un chiffre un peu différent et c’est normal :

  • Le défilement. Website Carbon mesure la page sans la faire défiler. Notre badge, lui, compte aussi les images qui se chargent quand vous descendez. Or pour lire le badge, tout en bas, vous avez forcément défilé… D’où 0,03 g chez Website Carbon et 0,04 g chez nous pour la page d’accueil. Nous préférons compter ce que vous chargez vraiment.
  • Votre écran. Un téléphone télécharge des images plus petites qu’un grand écran.
  • Les services tiers. Pour protéger votre vie privée, les navigateurs ne donnent pas la taille des fichiers venant d’autres sites, comme nos rapports d’erreurs : ils comptent pour zéro. Ils sont tout petits, mais pas nuls.
  • Firefox fait du zèle. Quand vous rechargez une page, Firefox la compte à nouveau en entier, même quand il ne l’a pas retéléchargée. Il oublie aussi de signaler les images et les polices qu’il garde en mémoire. Le chiffre peut donc y être un peu plus haut que dans Chrome et le « en cache » un peu plus bas.

D’autres thermomètres

Il n’existe pas de mesure parfaite, mais plusieurs façons de mesurer :

  • EcoIndex, la référence française, créée par GreenIT.fr et portée par le Collectif Conception Numérique Responsable. Sa méthode est différente : elle note la page de A à G selon sa complexité (le nombre d’éléments HTML), son nombre de requêtes et son poids. Elle estime aussi la consommation d’eau.
  • EcoPigs, un outil britannique qui mesure l’énergie réellement consommée par le navigateur, avec l’intensité de l’électricité au moment des visites.
  • Carboskale, un outil français qui utilise lui aussi le modèle Sustainable Web Design et donne une fourchette basse et haute.
  • CO2.js, la bibliothèque libre de la Green Web Foundation, sur laquelle s’appuient beaucoup de ces outils.
  • Et pour les curieux, le RGESN, le référentiel général d’écoconception de services numériques, qui rassemble les bonnes pratiques officielles pour réduire l’impact environnemental des sites et des applications.

Un site (presque) sans serveur

Quand vous ouvrez une page Hurlovent, aucun serveur ne la fabrique pour vous : toutes les pages sont préparées à l’avance à chaque mise à jour du site, puis simplement servies par Cloudflare Pages depuis un centre de données proche de chez vous. Pas de base de données interrogée, pas de calcul : la page est déjà prête, comme un t-shirt plié en rayon.

Seules deux fonctions font travailler un serveur :

  • le paiement, confié à Stripe ;
  • le formulaire de contact de la page d’aide, avec sa protection anti-robots.

S’y ajoutent de petits rapports techniques, envoyés seulement quand une page plante.

Côté hébergeur, Cloudflare indique que l’infrastructure de Pages fonctionne avec une électricité 100 % renouvelable et que tous les sites Pages sont inscrits dans l’annuaire de la Green Web Foundation. Pour aller plus loin : son article « The Climate and Cloudflare », son rapport d’impact et son offre « Green Compute ».

Et les t-shirts ?

Soyons honnêtes : un t-shirt pèse bien plus lourd que sa page web (voir plus haut). Alors voici ce que nous pouvons vous montrer, preuves à l’appui :

  • Du coton 100 % biologique certifié GOTS (le standard international des textiles biologiques) et des t-shirts certifiés OEKO-TEX.
  • Un fournisseur membre de la Fair Wear Foundation depuis 2006 : nos t-shirts vierges viennent de la gamme EarthPositive® de Continental Clothing. La fondation vérifie les conditions de travail dans les ateliers de ses membres.
  • Le flocage, fait main à Sengern. Le motif est découpé par un plotter dans un film thermocollant, le « flex », puis posé à la presse à chaud dans notre usine-atelier de 12 m². Pas d’eau, pas d’encre liquide, pas de solvant de nettoyage : une lame, de la chaleur et de la pression. Mais nous n’allons pas vous raconter d’histoires : le flex est un film plastique et la découpe laisse des chutes (l’« échenillage », un mot que nous vous offrons pour briller en société).
  • Le meilleur geste reste de le porter longtemps. D’après l’ADEME, 81 % de l’empreinte d’un t-shirt en coton vient de sa fabrication. Lavez-le à l’envers à 30 °C, oubliez le sèche-linge et il vous le rendra (tous nos conseils dans Nos engagements).

Pas mal pour une petite entreprise familiale ?

Récapitulons : des pages d’environ 200 Ko, préparées à l’avance, servies par un hébergeur inscrit à la Green Web Foundation ; un badge qui calcule tout seul dans votre navigateur ; une méthode publique, limites comprises ; et des t-shirts certifiés. Le tout par une multinationale familiale de deux personnes, dans une usine-atelier de 12 m² à Sengern (quand même !).

Nous ne sauverons pas la planète avec un badge. Mais nous préférons vous montrer nos chiffres plutôt que de vous jurer que nous sommes « verts ». Et si vous trouvez une erreur dans nos calculs, écrivez-nous : nous corrigerons, avec humilité et un bretzel.